Quelques exemples de réalisations :

FONDATION TEXIER GALLAS
Maison de retraite
28330 AUTHON DU PERCHE

C’est dans la salle à manger de la Maison de Retraite que l’Atelier s’installe. Dès 14 heures, chacun s’active pour que tout soit prêt. Le goûter est servi en avance pour l’occasion, les tables sont rapprochées et les nappes retirées. Ainsi, les participants sont dores et déjà prêts à investir l’activité. Après une ou deux séances d’observation, certains s’essayent à la technique, d’autres s’interrogent sur le fonctionnement. Très rapidement, le groupe se constitue et reste fidèle tout au long de ce temps d’intervention. Je dis fidèle, mais ce n’est pas sans compter sur Mme G. Après une visite de l’établissement, le premier contact fut avec l’Atelier Mobile, présent ce jour là dans les murs de l’institution.

" …. Mme G s’installe autour de la table, l’Atelier devient-il l’un de ses premiers repères institutionnels ? Je suis bien obligé de revoir mes objectifs de départ quant au fonctionnement de l’Atelier… Mêmes personnes tout au long de l’Atelier….. En tout cas, Mme G continuera jusqu’à la clôture de l’Atelier et sera particulièrement assidue. Ce n’est pas la technique proposée qui semblait stimuler Mme G, mais je pense plus la relation autour de cette activité, dans ce groupe. Mme G me sollicitait beaucoup et me regardait construire petit à petit, sous ses consignes, un chien, une niche…souvenirs peut être d’un compagnon domestique… "

" … Mr X quant à lui, décrit par ses compagnons comme un " râleur " et ayant un " sale caractère ", reste fidèle à cette image dès notre première rencontre. Mr X refusait de s’asseoir autour de la table, ne souhaitant pas pratiquer cette activité autour de la terre.

rea8.jpg (12367 octets)

Au vue de sa réaction, je le rassurais très rapidement en lui expliquant qu’il n’y avait rien d’obligatoire et qu’il n’était absolument pas nécessaire qu’il se force pour participer. J’ajoutais cependant, que pour ma part, j’avais la conviction que même avec une seule main (Mr X souffrant d’hémiplégie), il pouvait réaliser quelque chose. A la séance suivante Mr X était présent, et se lançait sans difficulté dans son espace de création. J’ai dû aménager quelques astuces pour lui permettre de travailler dans de meilleures conditions, comme prévoir suffisamment d’espace autour de la table pour le passage de son fauteuil ou bien encore utiliser des serre-joints pour maintenir le support nécessaire à son modelage. Cette dernière ressource donnant plus de mobilité et d’aisance à sa main valide. Mr X silencieux et persévérant a donné au cours de cet atelier une autre image de lui même, dépassant le cadre de la séance, du groupe… "

rea7.jpg (16439 octets)

Ces quelques tranches de vie résument très bien ce qu’a été l’Atelier Mobile à la Maison de Retraite d’Authon du Perche, mais un grand nombre de rencontres pourrait illustrer de la même façon ces six mois d’intervention.. Merci à ceux, participants ou spectateurs qui ont su nourrir cet espace de création.


MAISON DE RETRAITE DE LA LOUPE
Rue Morchoisne
28240 La Loupe

Depuis le mois d'avril 2003, nous organisons auprès de la Maison de Retraite de La Loupe un atelier Pilote. En effet, au regard du développement de l'idée d'Atelier Mobile d'Expression Créatrice, nous nous devions d'explorer le bien fondé de notre démarche.

rea6.jpg (3795 octets)

Après concertation avec l'équipe d'animation et exposé de notre projet, nous programmions une première intervention " découverte de la terre ". A l'issue de cette première approche, nous proposions le démarrage d'un atelier régulier (une fois tout les quinze jours), auprès du même groupe, porteur de l'histoire à venir. Ainsi, huit personnes bénéficient d'un " atelier terre ", où chacun va à son rythme, où la création est totalement libre. Un thème est défini au départ, favorisant l'esprit d'initiative, la création. Ensuite, sur fond de discussion et de souvenir, la technique devient alors le support à la relation.

Alors que la programmation des séances était définie, une question quant à l'aléatoire du choix des personnes au sein du groupe, au nombre des participants, émanait de l'équipe soignante.
Privilégiant le projet initial, favorisant le même groupe et au vue des séances déjà débutées, nous proposions d'organiser un second groupe, avec lequel nous interviendrons en alternance avec le premier. Ainsi, nous avons pu répondre partiellement à la demande de l'équipe soignante tout en préservant nos objectifs de départ.

rea2.jpg (10820 octets)

Depuis le début de notre intervention, il semble que nos objectifs sont légitimes. En effet, nous pensons qu'un atelier extérieur, qui favorise la création, contribue à offrir aux personnes une rupture dans leur quotidien, une parenthèse dans leur maladie.

Nous prenons les personnes telles qu'elles sont, sans consulter les dossiers médicaux, mais nous sommes cependant à l'écoute des difficultés motrices ou visuelles, pouvant impliquer des difficultés dans leur " travail ". La collaboration avec les professionnels ayant en charge les personnes âgées devient dans ce cadre des plus primordiale, leur connaissance favorisant une meilleure écoute des besoins et difficultés de chacun des participants au cours de notre intervention.

C'est d'ailleurs grâce à ce partenariat que nous avons pu très rapidement prendre seuls le groupe en charge au cours de l'intervention. En effet, la précieuse assistance des animatrices lors de l'installation des personnes ou leur retour dans leur chambre, lors du rangement favorise un démarrage rapide de l'activité, sans trop de contraintes ou d'attente pour les personnes. Cette rencontre, des plus positive, à la hauteur de toutes nos espérances, renforce notre volonté de poursuivre ce projet et de " l'ouvrir " à d'autres institutions ou encore à des personnes isolées en milieu rural.


ATELIER MOBILE EN BOSNIE

Atelier d’expression à buts thérapeutiques, au sein du camp de réfugiés de Spionica en Bosnie Herzégovine (réalisé en juillet 2000)

Extrait d
'un écrit réalisé sur le sujet :

" … Il me semble qu’une telle intervention n’aurait pas eu le même sens, si elle avait eu lieu plus tôt, les besoins prioritaires de la population n’étant pas forcément le soutien psychologique, mais plutôt l’aide alimentaire, la sécurité, l’hébergement, l’aide médicale. Si mon intervention avait eu lieu dès la fin du conflit, je ne suis pas certain que j’aurais trouvé autant de disponibilité auprès des autorités bosniaques que des ONG françaises, pour la réalisation de ce projet.

J’ai pu constater que l’aide qu’attendaient les personnes déplacées était de nature matérielle, comme je le soulignais ci dessus, jusqu’à ce que l’espoir de retourner " chez eux " puisse à nouveau les porter dans leur reconstruction personnelle.

rea4.jpg (18611 octets)

D’autre part mon projet aurait il trouvé écho auprès des organismes français, déjà quelque peu frileux face à la nouveauté de ce projet ?…. aurai je seulement proposé, il y a cinq années, de relever le défi de m’investir auprès de cette population et de tenter de sortir d’une intervention plus conventionnelle ?…. "

" … c’est au regard de ce que j’ai pu constater lors d’un premier voyage en Bosnie (février 2000) que naissait l’orientation même de mon intervention. J’avais pu constater que le groupe d’enfants pouvait être considéré par les adultes comme un ensemble unique et que, même si les adultes présents " gardaient un œil " au niveau éducatif, l’enfant ne semblait pas avoir de place privilégiée au sein du camp, comme nous pouvons le rencontrer dans nos pays… 

" … J’oserai définir ma démarche non comme un travail art thérapeutique, mais plus comme un état des lieux de la dispositions des enfants à s’inscrire dans l’activité ludique… "

rea3.jpg (15814 octets)

" … Que dire de ce que je percevais comme un ensemble indifférencié ? L’enfant avait il une place de sujet au sein du collectif ? Même si je pouvais entendre que les préoccupations majeures des adultes n’étaient pas forcément l’intérêt premier des enfants, ceci restait pour moi un questionnement. La démarche était de favoriser l’individuation de l’enfant, qui me semblait alors s’entendre comme une parenthèse dans le quotidien du camp. L’enfant avait il une place pour exprimer ce qu’il ressentait ? pouvais je prétendre lui offrir cet espace ?

" … L’idée était que les enfants puissent se repérer auprès de ce symbole que devenait alor le " combi (J7)" du français, où l’enfant pourrait exprimer ce qu’il ressentait, avec comme support l’expression plastique, peinture, collage, construction… "

rea5.jpg (31372 octets)

" … Parallèlement à cela, j’ai proposé aux enfants un autre matériel plastique, crayons de couleur et feutres… En effet, ces outils connus de l’ensemble des enfants leur offraient la possibilité de participer si la technique que je proposais " à côté " ne leur convenait pas. Ainsi, ils étaient tout de même avec le reste du groupe, sans en être mis en marge. Cette technique feutre, fut surtout utilisée lors des séances de jeux d’expression, ou les séances de dessin spontané… "

Daniel Migaud - Art-Thérapeute - Tel : 02 37 81 84 23 - 06 07 15 96 96 -  danielmigaud@aol.com
Diplômé de l’Atepp-Cefat (Atelier d’Expression Plastique "les Pinceaux" Centre de Formation à l’Art-Thérapie) Paris